"Le blob n' est ni un animal, ni un végétal ni un champignon, c' est un organisme unicellulaire capable de mémorisation et d'apprentissage"..
Cette phrase est aujourd' hui fréquemment utilisée pour présenter le blob. Elle intrigue, surprend, parfois déroute. Si elle est scientifiquement juste, elle reste souvent partielle et mérite d' être replacée dans un cadre plus précis.
Grâce notamment aux travaux d' Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS, le blob est devenu un excellent outil de vulgarisation scientifique, permettant au grand public de découvrir un organisme longtemps resté discret, mais pourtant fondamental pour comprendre certaines propriétés du vivant.
En réalité, le blob ( ainsi nommé par les scientifiques lors de son étude approfondie au milieu du XXe siècle ) est un organisme eucaryote appartenant au groupe des protistes. Il s' agit d' un organisme unicellulaire, constitué d' une seule cellule, mais capable de comportements que l' on associait jusqu' alors à des êtres bien plus complexes.
Qu' est-ce que le blob ?

Le blob est un myxomycète.
Ce ne sont pas moins de 1000 espèces, réparties dans une soixantaine de genres, qui sont actuellement connues.
Les myxomycètes représentent un groupe à part au sein des protistes, distinct à la fois des règnes animal, végétal et fongique.
A l' état adulte, le blob se présente sous la forme d' un plasmodium : Une immense cellule unique contenant des milliers de noyaux, capable de s' étendre plus plusieurs mètres (expériences et tests réalisés par nos soins sur blobs de 105cm sur 78cm).
Cette cellule géante est animée de flux cytoplasmiques internes, visibles à l' œil nu, qui assurent le transport des nutriments et l'organisation interne de l' organisme.

L' une des espèces les plus étudiées à ce jour porte le nom scientifique de Physarum polycephallum. Ce nom, qui signifie "Organisme à plusieurs têtes" et lui a été donné en 1822 par un mycologue américain, Lewis David von Schweinitz.
L' espèce est ubiquiste et donc présente dans le monde entier.
Dans son milieu naturel, le blob ne connait pas le vieillissement. En effet, si les conditions ne lui convienne pas, il est capable de rentrer en dormance, sous forme de sclérote, et de se réveiller quand les conditions seront meilleures. Lors de ce réveil, il revient tout jeune et peut se reproduire. Il se transforme alors. La cellule géante polynucléée se transforme en millions et millions de spores.
Il est capable de se régénérer en quelques minutes.
Si un blob est coupé en deux, les membranes cicatrisent en deux minutes et vous obtenez deux clones identiques.
Le blob n' est pas seulement une curiosité biologique, il est une invitation à regarder la vie autrement.

Contrairement à l' idée que l' on se fait d' une cellule, le blob n' est ni passif, ni rudimentaire. Bien qu' il ne possède ni cerveau, ni neurones, ni système nerveux, il est capable de :
- Explorer activement son environnement ;
- Résoudre des problèmes spatiaux ;
- Optimiser ses déplacements ;
- Mémoriser des informations ;
- Modifier son comportement en fonction de ses expériences passées ;
- Transmettre des informations lors des fusions ;
Entre autres...
Ces capacités font des myxomycètes un modèle d' étude unique pour les biologistes, car elles remettent en question l' association automatique entre intelligence et cerveau.
Les fusions sont possibles entre deux myxomycètes de la même espèce.
Apprentissage et mémoire sans cerveau

Les expériences menées au CNRS, par Audrey Dussutour et son équipe, ont permis de mettre en évidence un apprentissage possible chez le blob.
Par exemple, lorsqu' il est confronté à une substance répulsive mais innofensive, le blob peut apprendre à l' ignorer après plusieurs expositions. Il peut garder cette informations au moins plusieurs jours en mémoire.
Dans certaines conditions, un blob "naïf" peut même acquérir cette information en fusionnant avec un autre blob ayant déjà appris, ce qui illustre une forme de transmission de mémoire sans support neuronal.
Ces observations montrent que la mémoire et l' apprentissage ne sont pas nécessairement liés à un cerveau, mais peuvent émerger de mécanismes biochimiques et physiques à l' échelle cellulaire.
Une intelligence distribuée
Le fonctionnement du blob repose sur une organisation décentralisée. Chaque partie du plasmodium réagit localement aux stimulis de l' environnement, tandis que les flux internes assurent une coordination globale. Ce mode de fonctionnement lui permet d'adopter des stratégies efficaces, notamment pour trouver de la nourriture en minimisant ses dépenses d' énergie.
Des expériences célèbres ont montré que les myxomycètes sont capables de reproduire des réseaux optimisés, comparables à ceux conçus par des ingénieurs humains, simplement en explorant son environnement.

Un modèle scientifique précieux
Au delà de la fascination qu' il représente, le blob est un organisme modèle utilisés dans de nombreux domaines de recherche :
- Etudes sur l' émergence de l' intelligence.
- Compréhension des mécanismes de décision sans système nerveux.
- Recherche en biologie cellulaire et en bio-physique.
- Inspiration pour l' optimisation de réseaux non conventionnels.
Capacités observées en conditions expérimentales

Au delà des capacités désormais bien documentées par la recherche académique, certaines observations issues d'expérimentation par nos soins, loin du cadre stricte de la recherche académique, suggèrent que le blob pourrait avoir une plasticité encore plus large que celle généralement décrite.
L' expérience a débuté avec l' acquisition de sclérotes de DW et de B3 le 19 novembre 2026. Les sclérotes avaient 3 ans.
Les deux blobs porteront les noms de Boo. Boo DW et Boo B3.
Le lendemain, le 20 novembre, les blobs émergeaient de ce long repos. Ci-dessous : Boo DW.

Boo DW, un Physarum polycephalum (DW) a été cultivé/élevé en même temps dans 96 boîtes de pétri de 90mm, 10 boîtes de 30x45cm, 5 boîtes de 30x18cm, 5 boîtes de 20x3cm, 1 boîte de 105x78cm, 1 terrarium de 60 x 35 x 35xm et 1 terrarium de 45 x 45 x 60cm.
Boo B3, un Badhamia utricularis (B3) a été cultivé/élevé en même temps, dans 36 boîtes de pétri et 1 boîte de 80x40cm.
Si ce dernier prenait beaucoup plus de temps à grandir que DW les premiers jours, B3 a finalement gagné en vitesse et l' écart de vitesse de croissance s' est nettement réduit.
Dès le départ, Boo DW est déjà redoutable, il double voir triple de taille chaque jour, il consomme de l' avoine comme si chaque grain était le dernier, n' ayant aucun sens de la mesure... Il finit par atteindre de belles tailles, dans tous les contenants...


Il finira par ne plus rester dans le noir et sera installé dans une pièce à la lumière du jour finalement constamment. Il le supportera très bien. Il porte bien son nom de marcheur de jour.
Il a colonisé les terrariums composés de substrat naturel, branches, pierres.. sans aucun problème.

Dans ces conditions expérimentales, le blob a montré une résistance notable aux moisissures. Non seulement il ne semble pas systématiquement affecté par leur présence, mais il peut, après une phase d' adaptation, s' y habituer et continuer à se développer, voire à prospérer dans un environnement pourtant considéré comme défavorable.
Des observations similaires concernent sa tolérance à la lumière du jour. Bien que le blob soit classiquement décrit comme lucifuge, DW est décrit comme étant doté d' une plus grande tolérance à la lumière, en ayant des limites tout de même. Il s'est avéré ici qu' il est capable de supporter une exposition lumineuse prolongée sans arrêt immédiat de son activité, suggérant une capacité d' adaptation progressive plutôt qu' une simple aversion stricte. Il a donc été au départ gardé dans le noir, puis, gardé à la lumière de la pièce dans laquelle il était gardé, puis gardé sous lumière artificielle puissante et aussi en 6500K (lumière du jour) avec UVA/ UVB en 12.0% 12 à 14 heures par jour. Il a résisté à tout.
Les cultures DW et B3 se sont rencontrées. Elles n' ont pas fusionné mais on appris à vivre l' une avec l' autre sans problème.
Quelques fois par faute de temps, et quelques fois de motivation, la culture a été délaissée... Bonjour les moisissures et la décomposition... Sur lesquelles il a toujours réussi à prendre le dessus..
Ci-dessous : moitié de gélose du haut complètement décomposée, noire, avec odeur putride, liquéfiée... et transfert sur nouvelle gélose. Ce transfert a pris plusieurs semaine car il s'y est bien adapté et n' était pas affecté par son support liquéfié.


Une partie a été gardée en extérieur, avec des températures avoisinant des températures négatives sur plusieurs jours. Il a résisté. De l' eau s' est finalement infiltrée sur plusieurs centimètres de hauteur dans les boîtes gardées en extérieur et malheureusement, cette fois, c' était la fin pour ce blob gardé dehors... Quoi que... Plusieurs jours après avoir tout laissé trempé et dans le même état, surprise : le blob refait surface et monte sur les rebord de la boîte. Nous décidons donc de tester en conditions restreinte dehors mais sans boîtes, de le conserver et de voir comment il se débrouille. Il se débrouille bien, les jours passent, il se développe moins vite ( rappelons qu' il fait entre 0°C et 6°C dehors..) mais il se développe. Mais c' est finalement sans compter sur notre poule, qui finira par manger ce blob guerrier qui avait, jusque là, résister à tout.... (Pour info : la poule va bien mais n' est pas plus intelligente..🐔Elle confirme donc le fait que la fusion et la transmission d' infos n' est possible qu' entre deux myxomycètes... )
Les tests réalisés indiquent une large tolérance thermique, avec une survie et une activité maintenue, dans une plage comprise entre 0°C et 35°C. Aucune expérimentation n' a été menée au delà de ces seuils, mais ces résultats suggèrent une robustesse physiologique supérieure à celle généralement mise en avant dans les descriptions simplifiées.
Evidemment, ces observations n' invalident pas les travaux du CNRS, mais montrent que certaines affirmations, bien que justes dans un cadre expérimental précis, peuvent être partielles. Elles soulignent l' importance de multiplier les contextes d' étude pour appréhender pleinement les capacités d' un organisme aussi étonnant que Physarum polycephalum par exemple.

Une diversité qui n' a rien à envier aux mondes végétal, animal et fongique ( Photos qui suivent non personnelles)
Fuligo cinerea

Trichia decipiens


Une sublime espèce, Lamproderma colombinum

Ceratiomyxa fruticulosa

Arcyria denudata

Où vous en procurer ? / Nos kits
Plusieurs possibilités, partir à sa recherche dans les bois ou acheter en ligne. Aujourd' hui, il est possible de s' en procurer facilement.
Nous avons choisi de vous proposer :
- Différentes souches ( B2, DW, LU352).
- Du matériel ( Boîtes de pétri, pinces, agar-agar, avoine, pipettes, labyblobs, roches volcaniques, colorants alimentaires, journal de bord, loupes...).
- Trois kits, avec trois univers différents :
Blob Aventure, Space Blob et Sciences Blob.

Voyagez avec ce kit Blob Aventure. Dès le départ, vous serez accompagné de votre fidèle et loyal Boo l' explorateur. La quête est sans fin et pleine de surprises.. Mais ne vous égarez pas dans les labyrinthes car dans l'ombre des couloirs, seuls les plus courageux trouveront la sortie... Faites se révéler le vivant sur les sentiers oubliés des mystérieux Labyrinthes des Gardiens Anciens. Et tenez votre journal de bord à jour, une telle aventure mérite écrits.
Le kit comprend :
- Une enveloppe 23 x 29cm.
- 3 sclérotes de DW.
- 3 boîtes de pétri 90mm.
- 3 labyblobs différents, pour tester sa mémoire.
- 1 pince.
- 1 pipette 3ml.
- 5 grammes d' agar-agar.
- 50 grammes d' avoine.
- 1 journal de bord pour tout noter.
- 1 fiche explicative.

Vous avez toujours voulu aller dans l' espace ? Nous le savons, nous aussi mais... Ce n' est pas à la portée de tous... Du coup, l' espace vient à vous dans ce coffret Space Blob. Vous partez pour une grande mission en direction de 51 Pegasi B mais une météorite est sur le point d' entrer en collision avec votre vaisseau. Vous arrivez par miracle à intercepter l' aérolithe et voulez l' étudier. Il va même vous servir directement dans vos expériences car il sera le support de votre bras droit dans cette mission : Boo explorateur spatial.
Le kit comprend :
- 1 enveloppe 23 x29cm.
- 3 sclérotes LU352.
- 3 boîtes de pétri 90mm.
- 1 pierre volcanique
- 1 pince.
- 1 pipette 3ml.
- 5 grammes d' agar-agar.
- 50 grammes d' avoine.
- 1 carnet de bord pour tout noter.
- 1 fiche explicative.

Vous vous êtes toujours senti l' âme d' un scientifique ? Les blouses, les mesures, les protocoles vous amusent ? Retrouvez votre fin allié Dr Boo. Attention tout de même... Nous allons vous faire confiance et vous mettre dans la confidence. A force de ne plus quitter son laboratoire, le Dr Boo devient fou, il répète à tue tête que tout est plus beau en couleurs... Ta mission est de découvrir ce qu' il mijote!
Le kit comprend :
- 1 enveloppe 23x29cm.
- 3 sclérotes B3.
- 3 boîtes de pétri 90mm.
- 4 colorants alimentaires.
- 1 pince.
- 1 pipette 3ml.
- 5 grammes d' agar-agar.
- 50 grammes d' avoine.
- 1 carnet de notes pour garder des traces de tes observations.
- 1 fiche explicative.
Pour trouver les sclérotes, le matériel ou les kits,
c' est par ici !
J&V, Evoluons pour eux.