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18 Feb
18Feb

LAMPES UV HID, AMPOULES UV FLUOCOMPACTES, UV LED, T5  ? 

Toutes vendues sous l'appellation "lampes UV", ces technologies n'ont, en réalité, rien à voir. 

En terrariophilie, la différence change complètement la qualité des UV, la portée, la sécurité & l'usage. 


Le soleil, ce n'est pas seulement des UVB. 

Il combine des UVB qui permettent de synthétiser le calcium & la vitamine D3, des UVA qui stimulent l'activité, la couleur, le moral des êtres vivants, une lumière visible qui permet le rythme circadien & des infrarouges qui permettent la thermorégulation. 

Les lampes HID recréent presque tout. 

Les lampes fluocompactes recréent une partie. 

Les LED UV ne recréent seulement un fragment de cet ensemble. 

Les néons T5 recréent presque tout & offrent beaucoup d'avantages. 



LAMPES UV HID ( VAPEUR DE MERCURE/ METAL HALIDE)


Ce sont les lampes les plus proches d'un soleil artificiel. 

Une décharge électrique très intense traverse un gaz (mercure ou mélange métallique) ce qui permet la production simultanée : 

- D'une lumière visible très puissante. 

- D' UVA.

- D' UVB.

- D' INFRAROUGE ( Chaleur). 

Tout sort d'une seule lampe. 

Ces lampes sont souvent décrites comme des systèmes tout-en-un reproduisant la lumière solaire dans un terrarium/une installation. 

Elles sont très puissantes & peuvent surtout être utilisées dans les grandes installations. 

Il existe des versions auto ballastées. 


Les avantages : 

- UV très puissants & pénétrants.

- Excellente distance d'action. 

- Vraie zone de basking solaire. 

- Spectre large ( Comportement + D3 + thermorégulation). 


Les inconvénients : 

- Ces lampes chauffent beaucoup. 

- Une distance de sécurité est obligatoire. 

- La consommation électrique est élevée. 

- Un ballast est parfois nécessaire. 

- Trop puissant pour les petites installations. 



LES LAMPES UV FLUOCOMPACTES 

Un tube néon plié en spirale. 

L' excitation d'un gaz permet l'émission d'UV & les phosphores internes convertissent la lumière. 

Elles produisent UVA & UVB. 

Les lampes fluocompactes ne produisent pas forcément des UV utiles sur le plan biologique & ont des limites techniques. Elles fonctionnent comme un tube fluorescent replié sur lui même donc elles sont une source UV petite & ponctuelle. Souvent, les UV sortent de façon très localisée. A l'inverse des T5, on se retrouve alors avec un spectre très intense à un endroit, voire trop intense, et plus rien quelques centimètres plus loin. Il n' y a pas de gradient naturel & le spectre UV est souvent mal équilibré. Il y a des pics d'émission irréguliers aussi, un spectre discontinu & quelques fois des UV courts, agressifs. Il y a déjà eu des cas de brûlures oculaires, entre autres, qui ont été relevés. La puissance réelle est très faible & la quantité d'UV réellement perçue est finalement souvent minime. Les lampes fluocompactes éclairent peu & perdent encore en intensité avec la distance. Et la rapprocher trop est dangereux. 

La durée de vie est moindre ( moins de 6 mois). 


Les avantages :

- / 


Les inconvénients :

- Zone UV très localisée. 

- Chute rapide des UV ( - de 6 mois). 

- Pénétration faible. 

- Gradients UV médiocres. 

- Ces ampoules continuent d'éclairer visiblement alors que les UVB sont déjà devenus insuffisants. 

- Provoquent des carences invisibles. 



LES UV LED 

Une nouvelle technologie encore limitée pour nos amis à écailles. 

Une diode électronique émet directement une longueur d'onde UV précise. 

Contrairement aux autres lampes, le spectre est très étroit, l'émission est ciblée. 


Les avantages : 

- Très faible consommation électrique. 

- Longévité du produit. 

- Intensité stable. 


Les inconvénients :

Le spectre incomplet. 

- Surtout des UVA & parfois des UVC* 

- Peu fiables. 

- La forme de la lampe ne permet pas une bonne diffusion des UV. 


LES TUBES NEONS T5 

Ce type de tube fluorescent à haute efficacité est plus fin que les T8 classiques. Il offre de sérieux avantages : 

- Meilleure intensité lumineuse. 

- Plus proche du spectre solaire ( par rapport aux CFL/Fluocompactes). 

- UVA + UVB. 

- Excellente répartition. 

Le spectre d' un T5 HO est large & continu, ce qui permet la régulation naturelle de la vitamine D3, comme le soleil. Les T5 HO permettent une exposition en gradient, ce qui est crucial pour que les reptiles choisissent leur dose. 



DES INFOS DIFFERENTES PARTOUT, A QUI SE FIER ?

 


Nous avons choisi de mettre en avant les sources permettant d'affirmer certaines choses. En temps normal, vous trouverez les références des textes & études concernées par les articles en fin de ces derniers. 

Pour cette partie, il a été décidé de mettre en avant les principales études qui ont été réalisées, une par une.  



LES ETUDES FONDATRICES : 


Holick & al. ( 1980/1990). La base scientifique sur le plan des UVB. 

- Michael Holick ( Harvard Medical School) démontre que la conversion cutanée 7-dehydrocholestérol en pré-vitamine D3 sous l'influence des UVB ( env. 290-315 nm) et que le mécanisme est le même chez les reptiles, les oiseaux, les mammifères. 

Il a prouvé que les UVB ne sont pas optionnels. 


Ferguson & al. (2010), Voluntary exposure of reptiles to UVB radiation : L' étude majeure 

- Une étude de terrain ainsi que sur plusieurs espèces de reptiles détenus en captivité.

- Cette étude a prouvé que les reptiles choisissent activement leur niveau d'UV naturel.

- Elle a engendré la création des zones Ferguson ( 1 à 4), la zone 1 pour les espèces forestières & la zone 4 pour les espèces désertiques extrêmes. 




LES ETUDES SUR LA COMPREHENSION DU SPECTRE SOLAIRE :  

La question devient la qualité du spectre & non plus la quantité d'UV.


Baines & al. - UV Guide UK/ zoos européens. 

Travaux continus avec : 

HOw uch UVB does my reptile need ? The UV-Tool (2016). 

- Une vraie comparaison entre UV naturels & lampes artificielles. 

- Intégration de la notion de gradient UV. 

- Intégration du comportement & de l'écologie réelle. 

- Base de données espèces/ habitats. 


Ces travaux ont été les premières approches officielles réellement écologiques de l' éclairage. 

Elles ont incité à prendre en considération le micro habitat, le comportement & l'indice UV & non plus uniquement la puissance de la lampe. 



LES ETUDES SUR LES TYPES DE LAMPES (2000/2020) : 


Etudes sur les ampoules fluocompactes UVB ( crise années 2006/2009) 

Plusieurs rapports vétérinaires ( UK & USA) ont documenté : 

- Des kérato-conjonctivites chez des reptiles. 

- Des cas de photophobies sévères. 

- Des brûlures oculaires. 


Les causes identifiées ont été : 

- Des pics UV anormaux. 

- Un spectre discontinu. 

- Des gradients trop violents. 


Le résultat : 

- Une reformulation industrielle des lampes fluocompactes. 

- La naissance des recommandations des tubes T5 HO. 



LES ETUDES SPECTRALES : TUBES FLUORESCENTS VS HID. 


Travaux effectués par : 

- Frances Baines. 

- Thomas Griffiths. 

- Equipes de zoos européens. 


Les résultats constants : 

TUBES T5 HO : 

- Spectre proche de celui du soleil. 

- Large zone d'exposition. 

- Auto-régulation possible. 


HID/ METAL HALIDE : 

- Excellente pénétration. 

- Spectre très solaire. 

- Nécessite une distance correcte. 


FLUOCOMPACTES 

- Zone UV trop localisée. 

- Gradients dangereux si mal placés. 



LES ETUDES RECENTES : LES LED UV. 


Wunderlich S., Griffiths T., Baines F. (2023/2024) : UVB- emitting LEDs for reptile lighting : Identifying the risks of nonsolar UV spectra. ZOOBIOLOGY. : Le danger des LED UV. 


Cette étude a analysé 18 lampes UVB LED commercialisées avec spectrométrie complète. 

Ce que les chercheurs ont réellement mesuré : 

- Les spectres LED étaient très différents du soleil. 

- Plusieurs lampes produisaient des radiations à très courte longueur d'onde qualifiées de " rayonnement court non présent naturellement au sol. 

- Ce rayonnement est associé à des lésions oculaires aiguës (photo- kérato-conjonctivite). czaw.org


L'article ne dit pas toujours explicitement UVC dans le résumé public, mais parle bien de longueurs d'onde plus courtes que celles normalement reçues à la surface terrestre, ce qui correspond physiquement à une zone limite UVB bas donc proche des UVC ( env. < 295 nm). 


ETUDE 2 : Le danger des LED UV 

fbh-berlin.de

Pourquoi des LED UV peuvent produire ces longueurs d'onde indésirables ? 

C'est lié à la physique des LED UV. 

1- Spectre étroit avec des pics parasites, une LED n'émet pas une seule longueur d'onde parfaite. Il existe des émissions secondaires dues à la structure semi-conductrice. 

2- Luminescence parasite. Des recherches sur les LED UV montrent que des émissions indésirables apparaissent dans d'autres bandes du spectre à cause des défauts cristallins et couches internes. 

3- Absence de filtre naturel. Les lampes mercures ou fluorescentes ont souvent un verre filtrant. Beaucoup de LED UV n'ont aucun filtrage spécial sérieux. 

Une LED UV annoncée UVB peut laisser passer des UVB trop courts ou même une composante proche des UVC. 




CE QUE MONTRENT LES ETUDES 


Le facteur critique n'est pas le pourcentage d'UV, la marque ou la puissance. 

C'est la continuité spectrale solaire, la présence d'ondes régulatrices & la possibilité pour l'animal de s'éloigner. 


Si on résume, en 40 ans de recherche : 

- Années 80 : Les UV sont indispensables. 

- 2010 : Comportement naturel, zones de Ferguson. 

- 2016 : Ecologie lumineuse complète. 

- 2024 : Les LED UV sont encore imparfaites. 


La terrariophilie repose désormais sur une approche bio-écologique de la lumière, pas technologique. 


Pour en savoir plus et comprendre le vrai fonctionnement biologique de la vitamine D3 chez les reptiles, c'est par ici. 

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